Une feuille qui jaunit en bordure, un léger duvet blanc sur le dessus du feuillage, un fruit qui ramollit à sa base : ces signaux passent souvent inaperçus jusqu’à ce que le plant de courgette décline franchement. Identifier les maladies des courgettes repose moins sur des connaissances botaniques poussées que sur un réflexe d’observation régulier, idéalement tous les deux ou trois jours en pleine saison.
Lire les feuilles de courgette comme un tableau de bord
Avant de chercher le nom d’une maladie, regardez la feuille. Sa couleur, sa texture et la localisation des taches racontent presque tout. Vous avez déjà remarqué des marques blanches poudreuses sur le dessus du feuillage ? C’est le signe le plus courant : l’oïdium, parfois appelé « blanc ».
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Ce champignon aérien laisse un feutrage blanc et sec sur la face supérieure des feuilles. Il apparaît souvent quand les journées sont chaudes et les nuits fraîches, avec une humidité ambiante élevée mais sans pluie directe sur le feuillage. La feuille ne pourrit pas, elle s’assèche progressivement, comme si on l’avait saupoudrée de farine.
À l’inverse, des taches jaunes sur le dessus avec un duvet grisâtre en dessous orientent vers le mildiou. Ce champignon aime la pluie et l’eau stagnante sur les feuilles. La différence avec l’oïdium tient à trois indices concrets :
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- L’oïdium forme un voile blanc et poudreux sur le dessus de la feuille, sans la ramollir.
- Le mildiou produit des taches jaunes irrégulières avec un feutrage gris ou violet sous la feuille, qui finit par brunir et se nécroser.
- La pourriture grise (botrytis) touche surtout les fruits et les fleurs fanées, avec un duvet gris-brun et une texture molle au toucher.
Ce tri visuel rapide permet de réagir avant que le champignon ne colonise tout le plant. Un oïdium repéré sur deux ou trois feuilles se gère facilement, un oïdium généralisé compromet la récolte.

Virus des courgettes : des symptômes faciles à confondre avec une carence
Vous avez déjà vu des feuilles de courgette se déformer, se recroqueviller ou présenter des marbrures vert clair et vert foncé en mosaïque ? La tentation est forte de penser à un manque d’azote ou à un coup de chaleur. En réalité, ces symptômes correspondent souvent à une infection virale.
Le virus de la mosaïque du concombre touche aussi les courgettes. Les jeunes feuilles se déforment, les fruits poussent difformes, parfois bosselés. Aucun traitement curatif n’existe contre les virus des cucurbitacées : une fois le plant infecté, il le reste.
Des virus émergents à surveiller dans le sud de la France
Des travaux de l’INRAE et de l’EFSA signalent une progression de virus comme le Tomato leaf curl New Delhi virus dans le sud de l’Europe depuis le début des années 2020. Ces virus, transmis par la mouche blanche Bemisia tabaci, provoquent des marbrures et des déformations sur les jeunes feuilles qui ressemblent à des carences classiques.
Les hivers plus doux allongent la période d’activité de ces insectes vecteurs. En pratique, cela signifie que la surveillance des mouches blanches devient un geste préventif direct contre les viroses. Installer un voile anti-insectes sur les jeunes plants au printemps réduit significativement le risque d’infection précoce.
Courgettes qui pourrissent avant de grossir : piste fongique ou simple physiologie ?
Un petit fruit de courgette qui jaunit et ramollit à son extrémité n’est pas forcément malade. Ce phénomène, appelé nécrose apicale ou « cul noir », résulte souvent d’un défaut de pollinisation ou d’un arrosage irrégulier perturbant l’absorption du calcium.
La confusion avec le botrytis (pourriture grise) est fréquente. La différence se joue au toucher et à l’observation directe :
- Un fruit atteint de nécrose apicale présente une zone sèche et brune à son extrémité, sans moisissure visible.
- Un fruit atteint de botrytis développe un duvet gris caractéristique, souvent à partir d’une fleur fanée restée collée au fruit.
- La fusariose, plus rare, se manifeste par un flétrissement brutal du plant entier alors que le sol est humide, avec un brunissement interne de la tige visible en coupe.
Retirer les fleurs fanées après la nouaison et éviter d’arroser le feuillage limitent les deux problèmes à la fois.

Prévention des maladies des courgettes : ce qui a changé ces dernières années
Le réflexe classique consistait à traiter au fongicide de synthèse dès les premiers symptômes. Cette approche a perdu du terrain. Depuis 2022, plusieurs substances fongicides historiquement utilisées sur cucurbitacées (certaines familles de triazoles et de SDHI) ont vu leur autorisation retirée ou restreinte au niveau européen.
Les solutions de biocontrôle homologuées pour cucurbitacées se sont étoffées en parallèle. Microorganismes antagonistes, extraits végétaux et stimulateurs de défenses naturelles figurent désormais dans les recommandations officielles, y compris pour les jardiniers amateurs.
Gestes culturaux qui réduisent la pression fongique
Espacer les plants d’au moins 80 cm à un mètre favorise la circulation d’air autour du feuillage. Arroser au pied, jamais par aspersion, réduit le temps d’humectation des feuilles, ce paramètre que les champignons exploitent pour germer.
Pratiquer une rotation des cultures en évitant de replanter des cucurbitacées (courgettes, concombres, melons) au même endroit pendant au moins deux saisons aide à casser le cycle des spores fongiques présentes dans le sol. La rotation reste la mesure préventive la plus efficace et la moins coûteuse contre la plupart des maladies fongiques du potager.
Choisir des variétés annoncées comme résistantes ou tolérantes à l’oïdium constitue un autre levier concret. Plusieurs semenciers proposent désormais des courgettes sélectionnées pour leur résistance aux principales maladies cryptogamiques.
L’identification précoce des maladies des courgettes repose sur un geste simple : retourner les feuilles, toucher les fruits suspects, observer les insectes présents. Un plant surveillé deux fois par semaine pendant la période de production offre une marge de réaction suffisante pour agir avant que la récolte ne soit compromise.

