Réussir ses boutures de roses : conseils et période idéale

Vous rêvez d’un jardin plein de roses, mais n’a que quelques spécimens ? Essayez-vous en tant que cultivateur de roses et reproduisez facilement vos roses préférées vous-même. Nous vous montrons cinq façons de multiplier avec succès les différents types de roses.

Sommaire
L’histoire, longue et surprenante, de la roseLa diversité des couleurs venues de ChineL’essor des roses hybrides modernesLes critères de sélection évoluent avec l’époquePetit mémo : qu’est-ce qu’une rose ADR ?Multiplier ses rosiers : mode d’emploiQuelles méthodes pour multiplier les rosiers ?La voie végétativeLes techniques végétatives les plus utilisées :La voie sexuéeLes méthodes génératives reposent sur :À quel moment multiplier ses rosiers ?Comment multiplier ses rosiers : gestes et astucesLe bouturage, allié du jardinierParmi les hybrides modernes, ces variétés se prêtent bien au bouturage :Comment procéder pour réussir ses bouturesL’astuce de la pomme de terre : mythe ou réalité ?Réaliser des boutures de rose dans une pomme de terreMatériel nécessaire :Étapes à suivre :Multiplier par bois aoûté (bouturage de tiges ligneuses)Planter les boutures directement dehorsHiverner les boutures en intérieurMultiplier par marcottageComment marcotter un rosier ?Le semis, voie royale des obtenteursQuelles roses choisir pour le semis ?Faire pousser un rosier à partir de graines : comment procéder ?Créer ses propres variétés : le croisement cibléRéaliser un croisement : mode d’emploiZoom sur le greffage (affinage)La technique la plus pratiquée : l’oculationChoisir la base idéaleBien choisir son couteau à grefferQuand greffer ?Étapes de l’oculationComprendre la différence : rosiers francs de pied ou greffés ?Les rosiers francs de piedCe type de rosier présente plusieurs avantages :Mais aussi quelques limites :Les rosiers greffésLeurs atouts :Mais aussi des désavantages :Osez multiplier vos rosiers : la passion à portée de mainSources :

La multiplication des rosiers dans un jardin amateur offre plusieurs options, à adapter selon votre niveau et vos envies.

  • La façon la plus accessible reste la multiplication par boutures, bois et marcottes
  • Le semis, lui, requiert davantage de patience et d’attente
  • Les jardiniers confirmés peuvent aussi se lancer dans le greffage
  • Il faut savoir que certaines variétés de rosiers hybrides ne se multiplient pas par bouturage
  • La reproduction des variétés protégées n’est autorisée qu’en usage privé

L’histoire, longue et surprenante, de la rose

Depuis plus de 4 000 ans, la rose s’est imposée dans nos jardins. Née en Asie centrale, elle a traversé les civilisations : source d’inspiration chez les Grecs, symbole de séduction en Égypte, porte-bonheur dans la Rome antique. À l’époque, on extrayait déjà des huiles odorantes de ses pétales. Au Moyen Âge, cet arbuste était surtout apprécié pour ses vertus médicinales.

L’aspect charnel de la fleur, en revanche, n’a pas toujours eu bonne presse, notamment parmi les chrétiens, qui privilégiaient alors la rose officinale pour ses usages thérapeutiques.

Il faut attendre le XIIIe siècle pour que la rose perde cette réputation sulfureuse. On croyait alors voir dans ses cinq pétales les stigmates du Christ. Les Croisades ont ensuite permis l’arrivée de nouvelles variétés en Europe, venues d’Orient.

La diversité des couleurs venues de Chine

Avant le XVIe siècle, les variétés connues, églantier (Rosa canina), rose cent-feuilles, rose blanche ou rose gallique, affichaient des teintes blanches, rouges ou roses. L’arrivée de la Rose jaune (Rosa foetida) d’Asie a ouvert la voie à toute une palette de couleurs. Autre atout de cette petite rose asiatique : elle refleurit deux fois par an.

L’essor des roses hybrides modernes

Au XIXe siècle, les Européens commencent à croiser les variétés et à sélectionner de nouveaux cultivars. La diversité des couleurs séduit, on assiste à une explosion des créations. Les roses de thé, à floraison remontante, marquent un tournant. En 1867, la toute première hybride moderne, ‘La France’, naît presque par hasard. Depuis, toutes les roses obtenues après cette date sont qualifiées de roses modernes.

Face à une demande grandissante, les pépiniéristes se sont mis à sélectionner des rosiers adaptés, utilisant principalement la multiplication végétative, par boutures et greffage.

Les critères de sélection évoluent avec l’époque

De nos jours, la sélection ne se limite plus à l’esthétique. Les variétés recherchées arborent une résistance accrue aux maladies comme la tache noire, l’oïdium ou la rouille. Les critères de rusticité et de floraison sont également pris en compte. Les roses suivent la mode, mais reflètent aussi les attentes du moment.

Depuis peu, le parfum est de nouveau très recherché. De nombreux amateurs s’intéressent aux rosiers francs de pied, capables de traverser les hivers rigoureux et de vivre longtemps. Les variétés à fleurs simples, appréciées des jardiniers proches de la nature, séduisent aussi pour leur intérêt écologique.

« Ne misez pas tout sur les variétés à fleurs très doubles. Les rosiers à fleurs simples offrent une ressource précieuse pour les abeilles et autres pollinisateurs, et se multiplient souvent très bien par semis. »

Petit mémo : qu’est-ce qu’une rose ADR ?

Lors de l’achat, il arrive de croiser sur les étiquettes la mention ADR. Ce label de qualité est attribué par l’auditoire allemand Rosenneuheiten. Chaque année, une quarantaine de nouvelles variétés sont passées au crible. Seules les plus résistantes, rustiques et belles (forme, parfum, floribondité) décrochent l’appellation ADR. Un repère utile pour choisir un rosier sain et fiable.

Multiplier ses rosiers : mode d’emploi

Quelles méthodes pour multiplier les rosiers ?

La voie végétative

La multiplication asexuée consiste à reproduire à l’identique la plante mère, par clonage. On conserve ainsi le patrimoine génétique, donc le résultat est prévisible. Cette méthode convient parfaitement pour obtenir plusieurs exemplaires d’un rosier apprécié.

Les techniques végétatives les plus utilisées :

  • boutures
  • bois sec (bouturage de bois aoûté)
  • marcottage
  • greffage (raffinage)

La voie sexuée

La reproduction générative passe par la pollinisation des fleurs et la formation de cynorrhodons, riches en graines. Après une période de froid (stratification), on obtient de jeunes rosiers. Chaque plant hérite de caractéristiques variables issues des deux parents. Par sélection, il devient possible de façonner de nouvelles variétés.

Les méthodes génératives reposent sur :

  • le semis

À quel moment multiplier ses rosiers ?

  • Boutures : de juin à août
  • Bois aoûté : octobre
  • Marcottage : dès la fin juin, après floraison
  • Greffage : juillet et août
  • Semis : novembre

Comment multiplier ses rosiers : gestes et astuces

Le bouturage, allié du jardinier

Le bouturage reste le procédé le plus accessible et rapide. Nul besoin d’être expert : en quelques semaines, on sait si la reprise a fonctionné. Cependant, la plupart des rosiers modernes sont greffés, ce qui rend le résultat parfois incertain.

Les feuilles et fleurs des boutures resteront fidèles à la plante d’origine, mais la vigueur ou la forme du rosier peuvent différer. Cette méthode permet aussi de transformer des rosiers greffés en francs de pied, plus denses et robustes.

Attention, la descendance des variétés greffées donne souvent des sujets moins vigoureux. Pour les rosiers francs de pied, le bouturage réussit généralement sans difficulté.

« Le bouturage fonctionne aussi parfois avec des roses coupées du commerce. Un bouquet exceptionnel dans le vase ? N’hésitez pas à tenter l’expérience. »

Parmi les hybrides modernes, ces variétés se prêtent bien au bouturage :

  • Gloria Dei
  • Sissi
  • Mainzer Fastnacht
  • Rhapsodie en bleu
  • Brocéliande
  • Argent Sterling
  • Lavendula
  • Nimbus

« En principe, le bouturage de variétés protégées reste interdit. Mais tant que la multiplication reste dans un cadre privé, vous ne risquez rien. »

Comment procéder pour réussir ses boutures

  • De fin juin à début août, prélevez plusieurs pousses, même défleuries. Chaque segment doit comporter cinq yeux environ.
  • Supprimez la fleur juste au-dessus de la première belle feuille.
  • Taillez la base de la bouture juste sous un œil.
  • Enlevez toutes les feuilles sauf la paire du haut.
  • Coupez les épines au besoin.
  • Placez les boutures dans un seau d’eau (l’eau de saule favorise l’enracinement).
  • Préparez soigneusement le terrain, de préférence à l’ombre.
  • Vous pouvez aussi installer les boutures dans 40 cm de profondeur, dans une tranchée remplie de terreau pauvre.
  • Enterrez les tiges de façon à ne laisser dépasser que la paire supérieure de feuilles.
  • Tassez la terre et arrosez abondamment.
  • Pour créer un effet de serre, couvrez chaque bouture avec un bocal en verre. Mais n’oubliez pas l’aération régulière, sous peine de voir apparaître des moisissures.
  • Pensez à étiqueter chaque bouture avec le nom de la variété.
  • Maintenez le sol humide : une sécheresse serait fatale.
  • Des jeunes pousses devraient bientôt apparaître.
  • À l’automne suivant, si les racines se sont bien développées, replantez les jeunes rosiers à leur place définitive.

Pour un enracinement optimal, préparez une eau de saule maison :

Coupez des jeunes rameaux de saule, versez de l’eau bouillante dessus, laissez infuser 24h, puis filtrez. Utilisez cette eau pour favoriser la reprise.

L’astuce de la pomme de terre : mythe ou réalité ?

La technique du bouturage dans une pomme de terre circule sur Internet et intrigue. Mais qu’en est-il vraiment ?

Concrètement, la bouture préparée n’est pas directement mise en terre, mais piquée dans une pomme de terre, qui est ensuite plantée en pleine terre ou en pot. La pomme de terre apporte une humidité constante à la bouture, limitant les risques de dessèchement. Mais il faut tout de même arroser, notamment en période chaude. Dès que les racines apparaissent, la bouture profite aussi des nutriments du tubercule.

Réaliser des boutures de rose dans une pomme de terre

Matériel nécessaire :

  • Des boutures de rosier saines et vigoureuses (cinq yeux environ)
  • Une pomme de terre par bouture, de taille moyenne à grosse
  • Une perceuse ou un tournevis
  • Un pot profond par bouture, avec du terreau
  • Des bouteilles plastique vides
  • Couteau, ciseaux

Étapes à suivre :

  • Prélevez les boutures après la floraison, de juin à août.
  • Ôtez la fleur juste au-dessus de la première feuille.
  • Taillez la base de la bouture en biais, sous l’œil le plus bas (angle de 45° environ).
  • Supprimez toutes les feuilles sauf celles du sommet, épointez.
  • Lavez les pommes de terre.
  • Percez dans chaque tubercule un trou légèrement plus étroit que la tige de la rose.
  • Insérez la bouture dans la pomme de terre.
  • Plantez la pomme de terre de façon à ne laisser sortir que la feuille supérieure.
  • Tassez bien la terre.
  • Arrosez.
  • Découpez le fond des bouteilles, puis coiffez chaque bouture pour créer une mini-serre.
  • Retirez le bouchon tous les deux à trois jours pour arroser.
  • Après arrosage, laissez le flacon ouvert quelques heures pour aérer. Lorsque la bouture démarre, enlevez la bouteille.

« Si les campagnols rôdent dans votre jardin, évitez d’utiliser cette méthode en pleine terre. Les tubercules attirent les rongeurs, qui apprécient aussi les jeunes racines de roses. »

Multiplier par bois aoûté (bouturage de tiges ligneuses)

À l’automne, quand l’humidité est là et la température plus fraîche, le bouturage sur bois aoûté prend tout son intérêt. Il s’agit de prélever des tiges lignifiées issues de la croissance de l’année. Les rosiers arbustifs, grimpants et couvre-sols se prêtent bien à cette technique.

Vous récupérez souvent ces tiges lors de la taille estivale. Même si le taux de réussite est plus faible chez les rosiers de type buisson ou hybride, il est toujours possible d’essayer. Deux solutions s’offrent alors à vous : planter en extérieur directement ou hiverner les boutures dans un local hors gel, comme le font les professionnels. La seconde option permet de vérifier la reprise avant plantation au printemps.

Planter les boutures directement dehors

  • Prélevez une tige droite, saine et lignifiée. Les entre-nœuds ne doivent pas être trop espacés.
  • Supprimez les feuilles, découpez en tronçons de 20 à 30 cm (cinq yeux chacun).
  • Veillez à ce qu’il y ait un œil en haut et un en bas sur chaque segment.
  • Ameublissez le sol, ajoutez du terreau et du sable au point de plantation.
  • Enfoncez les boutures verticalement, en laissant dépasser seulement l’œil du haut.
  • Couvrez de branchages ou d’un voile d’hivernage pour protéger du gel.
  • En hiver, les boutures n’exigent pas de soins particuliers.
  • Au printemps, vérifiez si la reprise a eu lieu.
  • Un an plus tard, transplantez les jeunes rosiers à leur emplacement définitif.

Hiverner les boutures en intérieur

  • Faites des bottes avec les boutures.
  • Remplissez un bac assez grand de sable humide.
  • Plantez les tiges jusqu’à l’œil supérieur.
  • Placez le bac dans une pièce froide, mais hors gel.
  • Au printemps, dès qu’il n’y a plus de fortes gelées, sortez les tiges.
  • Éliminez celles qui n’ont pas raciné.
  • Installez les boutures racinées dans une plate-bande préparée (terreau et sable).
  • En automne ou au plus tard le printemps suivant, les jeunes plants rejoignent leur place au jardin.

« Pour ne pas confondre haut et bas lors de la plantation au printemps, coupez l’extrémité supérieure bien droite, l’extrémité inférieure en biais. »

Multiplier par marcottage

Les rosiers grimpants, et tout particulièrement les Ramblers, développent de longues tiges souples. Il est facile de les multiplier par marcottage. Le mois de juin, après floraison, s’y prête parfaitement. En début d’été, les tiges plient sans casser.

Comment marcotter un rosier ?

  • Choisissez une tige longue et souple juste après la floraison.
  • Supprimez la fleur juste au-dessus de l’œil terminal.
  • Prenez la tige, pliez-la vers le sol et incisez légèrement l’endroit où elle touche la terre.
  • Creusez un petit trou, posez la partie incisée, recouvrez de terre.
  • Maintenez la tige au sol avec un crochet ou une fourchette de branche.
  • Gardez la zone humide.
  • Au printemps suivant, dégagez la terre pour vérifier l’apparition de racines.
  • Détachez la nouvelle plante de la mère et installez-la à son emplacement final.

Le semis, voie royale des obtenteurs

À l’état sauvage, la rose se multiplie naturellement par graines. Les espèces botaniques produisent après floraison des fruits rouges-oranges, les cynorrhodons, riches de dizaines de graines. Chacune pourrait donner un nouveau rosier. Mais comme la pollinisation précède la formation du fruit, les plants issus du semis affichent souvent des caractères mélangés. Impossible d’anticiper le résultat, mais c’est ce hasard qui réserve parfois de belles surprises. Pour qui aime l’expérimentation, le semis ouvre un champ d’exploration passionnant.

Quelles roses choisir pour le semis ?

Pour réussir, encore faut-il que la variété produise des graines. Beaucoup d’hybrides de thé sont stériles ou peu fertiles, et les fleurs très doubles gênent la pollinisation. Il faut donc sélectionner avec soin ses rosiers parents. De nombreux amateurs ignorent même si leurs rosiers forment des cynorrhodons, car ils coupent les fleurs fanées trop tôt. Pour multiplier, il faut laisser mûrir quelques cynorrhodons jusqu’à la fin de l’automne.

« Les roses portent des fleurs hermaphrodites, avec organes mâles et femelles. Pour obtenir un fruit, la fleur doit être pollinisée. »

Faire pousser un rosier à partir de graines : comment procéder ?

  • Récoltez les cynorrhodons bien mûrs en automne, ouvrez-les et récupérez les graines.
  • Plongez les graines dans un récipient d’eau. Celles qui coulent sont viables. Retirez les flottantes.
  • Laissez sécher puis placez-les au réfrigérateur quatre semaines environ, à 4 °C, pour stimuler la germination.
  • Remplissez un petit pot de terreau, semez les graines, recouvrez d’un centimètre de substrat.
  • Installez le pot dans un endroit frais et maintenez l’humidité.
  • Dès la levée, placez les jeunes plants dans une zone lumineuse, mais sans soleil direct.
  • Lorsque chaque plant compte six feuilles, repiquez-le individuellement dans du terreau riche.
  • Au printemps, installez les jeunes rosiers au jardin, après tout risque de gel.

« Même pour obtenir un seul rosier, mieux vaut semer au moins une vingtaine de graines : toutes ne germent pas, certaines ne reprennent pas ou succombent à une maladie. »

Créer ses propres variétés : le croisement ciblé

Certains jardiniers ne se contentent pas de multiplier à l’identique, mais cherchent à croiser volontairement deux variétés. Avec un peu d’expérience, il est possible de contrôler la pollinisation et de choisir précisément les parents. Il suffit de prélever du pollen à la main et de le déposer sur la fleur sélectionnée.

« Les obtenteurs professionnels multiplient les essais avant de voir naître une variété remarquable. Le résultat n’est jamais garanti, mais la surprise fait partie du jeu. »

Réaliser un croisement : mode d’emploi

  • Sélectionnez deux variétés compatibles, non stériles, à fleurs simples ou semi-doubles, produisant des cynorrhodons.
  • Prélevez les sacs de pollen sur la plante choisie, à l’aide d’un couteau, puis laissez sécher le pollen quelques jours.
  • Sur la fleur semi-ouverte de la plante mère, retirez pétales et étamines pour éviter l’autofécondation.
  • Déposez le pollen séché sur le pistil à l’aide d’un pinceau.
  • Protégez la fleur pollinisée avec du papier aluminium ou un sachet pour éviter toute pollinisation indésirable.
  • La réussite s’observe lorsque les sépales se relèvent et qu’un cynorrhodon se forme.
  • Pour le semis, procédez comme précédemment.
  • N’oubliez pas d’étiqueter les bacs avec le nom des parents.

« Certaines roses modernes ne donnent pas de cynorrhodons : la reproduction par semis n’est donc pas toujours possible. »

Zoom sur le greffage (affinage)

Le greffage des rosiers n’est pas à la portée de tous. Il nécessite une base robuste et un greffon d’une variété choisie, et requiert du temps. Dans le monde professionnel, cette pratique est courante. Les amateurs patients et curieux peuvent s’y essayer dans leur jardin.

La technique la plus pratiquée : l’oculation

Il s’agit d’insérer un œil dormant (bourgeon) d’un rosier sélectionné sous l’écorce d’un porte-greffe. Munissez-vous d’un couteau à greffer : sa lame très fine et affûtée d’un seul côté, facilite la précision du geste. Pour les gauchers, il existe des lames adaptées. Certains modèles possèdent aussi une spatule pour soulever l’écorce.

Choisir la base idéale

Le porte-greffe idéal ? Un rosier sauvage, robuste et résistant aux maladies, souvent issu d’un semis spécifique. Les professionnels utilisent des rosiers canina ‘Pfänder’, ‘Inermis’, ‘Pollmeriana’ ou la rose multiflora. Pour semer votre propre base, anticipez plusieurs mois à l’avance. Sinon, procurez-vous de jeunes plants en pépinière (un an environ), en prévoyant toujours une marge d’échec.

Plantez les porte-greffes à l’automne, peu profondément, en espaçant de 30 cm minimum, puis arrosez et fertilisez régulièrement pour obtenir des plants vigoureux au moment du greffage. Il est encore possible de planter au début du printemps, mais les plantes auront moins de temps pour s’installer.

« Pas de porte-greffe sous la main ? Vous pouvez aussi greffer un œil sur un rosier déjà en place, à condition qu’il soit sain et vigoureux. »

Bien choisir son couteau à greffer

Un outil spécialisé fait toute la différence : une lame acérée, poncée d’un seul côté, pointant vers le greffon ou le porte-greffe, selon la coupe. Pour les gauchers, il existe des modèles adaptés. Certains couteaux sont équipés d’une languette pour décoller l’écorce.

Quand greffer ?

La période optimale pour greffer s’étend de fin juillet à mi-août, quand la sève circule abondamment. Les semaines précédant l’opération, veillez à bien arroser les rosiers concernés.

Étapes de l’oculation

  • Prélevez une pousse fraîche de la variété à greffer, juste avant que la fleur ne fane. Elle doit comporter au moins cinq yeux.
  • Supprimez toutes les feuilles, en conservant les pétioles (l’œil se trouve juste en dessous).
  • Coupez les extrémités pour une meilleure prise en main.
  • Déterrez le collet racinaire du porte-greffe, nettoyez-le soigneusement.
  • À l’aide du couteau, incisez le collet en forme de T.
  • Saisissez le greffon et détachez délicatement les pétioles.
  • Sous chaque feuille se trouve un œil : insérez la lame quelques millimètres sous l’œil, puis soulevez-le délicatement avec une fine couche d’écorce.
  • Enlevez prudemment la fine lamelle de bois à l’arrière.
  • Ouvrez légèrement la fente en T et glissez-y l’œil, dans le bon sens de croissance.
  • Rabattez l’écorce, coupez l’excédent au-dessus du T si besoin.
  • Liez le point de greffe avec une bande propre pour protéger la plaie.
  • Protégez du gel en buttant le pied en hiver.
  • Si au printemps, de jeunes pousses démarrent, la greffe a pris.
  • Dès qu’elles atteignent dix centimètres, coupez le porte-greffe juste au-dessus du point de greffe.
  • Arrachez systématiquement les rejets sauvages dès leur apparition.

« Lors de l’insertion de l’œil, faites attention au sens de la pousse : placé à l’envers, il ne se développera pas. »

Comprendre la différence : rosiers francs de pied ou greffés ?

Le bouturage ou le marcottage créent des rosiers identiques à la plante mère, enracinés sur leurs propres racines.

Les tiges sélectionnées sont simplement coupées puis placées en terre, où elles s’enracinent et développent un nouveau plant. Impossible cependant de prédire totalement le développement futur, surtout avec les variétés modernes issues de greffe. Les feuilles et fleurs restent similaires à l’original, mais la vigueur ou la forme peuvent varier.

Les rosiers francs de pied

Un rosier franc de pied pousse sur ses propres racines, sans greffe. Parfait pour le bouturage, il se distingue par sa solidité, sa longévité et une bonne résistance au froid. Ces plants restent peu courants en jardinerie.

Multiplier une rose précieuse par bouturage, bois aoûté ou marcottage donne automatiquement un rosier franc de pied. Même le semis aboutit à ce résultat.

Ce type de rosier présente plusieurs avantages :

  • Facile à cultiver pour les amateurs
  • Comportement optimal pour les variétés anciennes, arbustives, grimpantes
  • Moins sensible aux maladies
  • Port naturellement attrayant
  • Peut vivre très longtemps
  • Pas de point de greffe exposé au gel
  • Capacité à régénérer depuis les racines en cas de dégâts hivernaux
  • Pas de problème de rejets sauvages
  • Le porte-greffe n’influence pas la floraison
  • Idéal pour les haies ou les talus grâce à la rapidité d’expansion

Mais aussi quelques limites :

  • Impossible avec certains hybrides de thé
  • Port plus touffu, demande plus d’espace
  • Peu de pépinières en proposent
  • Multiplication plus lente pour la production professionnelle
  • Souvent plus cher à l’achat

Les rosiers greffés

Chez les professionnels, le greffage reste la méthode la plus rapide. Certaines variétés ne racinent pas par bouturage. On associe alors une variété florifère et raffinée à un porte-greffe robuste. Les rosiers greffés de trois ans possèdent un système racinaire plus développé qu’une bouture du même âge.

Leurs atouts :

  • Production rapide et aisée pour les professionnels
  • Une seule plante peut donner des dizaines de nouveaux rosiers
  • Prix abordable
  • Disponibles en racines nues ou en conteneur
  • Un porte-greffe vigoureux renforce une variété fragile
  • Indispensable pour les variétés qui ne s’enracinent pas par bouturage

Mais aussi des désavantages :

  • Durée de vie liée à celle du porte-greffe
  • Sensible au gel : il faut enterrer le point de greffe à 5 cm sous terre et protéger en hiver
  • Apparition fréquente de rejets sauvages
  • Floraison et santé peuvent décliner avec le temps
  • Espérance de vie moyenne : 30 à 40 ans

Osez multiplier vos rosiers : la passion à portée de main

Quand on aime les roses, il est difficile de se limiter à quelques pieds. Multiplier ses rosiers, c’est ouvrir la porte à la diversité : le bouturage s’avère simple et donne d’excellents résultats sur de nombreux arbustifs, grimpants ou couvre-sols.

Pour les plus passionnés, le semis permet de créer des lignées inédites, à condition de s’armer de patience (et de curiosité). Les plus téméraires tenteront le greffage, à la recherche d’expériences nouvelles. Au final, il existe toujours une méthode adaptée à chaque amateur, quel que soit son niveau ou son ambition.

Sources :

  1. https://www.garten-schlueter.de/ratgeber/rosen/rosen-vermehren
  2. https://www.rosenparadies-loccum.de/tipps/rosen-und-lavendel-vermehrung-durch-stecklinge
  3. https://www.youtube.com/watch?v=AXyz0_qaFGk

https://www.rosenparadies-loccum.de/themen-infos/unterschiede-wurzelechte-veredelte-rosen

  • https://www.mein-schoener-garten.de/gartenpraxis/ziergaerten/rosen-vermehren-10521

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